A 19 ans, célibataire et sans enfant, l’argent fait-il le bonheur ? Durant mes premières années dans mes souliers d’entrepreneur, je vous aurais répondu que non : j’étais épanoui, l’esprit partagé entre mes études universitaires et le développement d’une première entreprise, le tout en vivant dans le cocon familial. Après quelques 20’000 francs de chiffre d’affaire la première année, je dresse le bilan : tout a été englouti par les charges de l’entreprise, rien pour moi. Mais j’en étais encore persuadé, l’argent ne fait pas le bonheur.

Deux ans plus tard, suite à la fermeture de cette première entreprise en raison d’un manque crucial d’investissements en temps et en argent, je décide de terminer mes études et de construire mon deuxième projet entrepreneurial. Dès ce moment-là, tout s’enchaîne très vite : diplômé, mais surtout soif de conquête ! Mais au fait, où est l’argent dans tout ça ? Face à cette question, je continuais à tourner autour du pot, voir à fuir : « mon projet va bientôt me permettre de me dégager un salaire » ou encore « oui oui, ça tourne gentiment ». Mais qui allait payer ce que moi, Matthieu, je coûte maintenant que les études sont terminées et que la vie active se présente ?

Deux solutions s’offraient à moi :

  • Primo, la fuite : je continue à ruminer autour de la question de l’argent en repoussant chaque fois un peu plus les échéances.
  • Deuxio, j’affronte : je fais un retour sur ma situation et je me fixe une deadline !

Et bien l’une des plus grandes décisions de mon premier quart de siècle fut de me fixer une deadline.

Tout d’abord, il fallait constater l’ampleur du chantier car en tant qu’Être humain, on coûte tous de l’argent. Mais combien ? Au même titre que tous mes projets, j’ai dessiné les contours d’un business model…. mais de ma propre personne !

Et oui, comme une entreprise, je génère des coûts, mais j’ai surtout un besoin en ressources. Et comme une jeune entreprise, la liste des charges fait souvent plusieurs fois la taille de celle des ressources. J’ai donc décidé de réagir et de me fixer cette fameuse deadline personnelle : prendre un appartement ! Mais même si je bénéficiais de garants pour y parvenir, mon entreprise s’auto-suffisait tout juste et peinait à me verser un salaire. Alors, on renonce et on retombe dans des expectatives ? Hors de question !

Mon business model m’annonçait que je coûtais tant par année, alors je voulais tout faire pour gagner tant ! Donc que faire ?

  • Dois-je coupler mon activité d’entrepreneur avec un job à temps partiel ? Difficile, car travaillant dans du service je dois offrir aux clients la plus grande disponibilité. Et il ne faut pas sous-estimer le développement d’une jeune entreprise qui ne rapporte rien au début mais qui est terriblement chronophage !
  • Dois-je demander de l’aide à mon entourage ? Ce n’est pas dans mon tempérament et je ne veux pas me sentir prisonnier… Une bête question de fierté sans doute !

Donc plus d’autres choix : travail, travail et travail dans cette deuxième entreprise. Et étrangement, avec la deadline de l’appartement et la pression financière qui en découle, deux, trois, puis quatre nouveaux clients sont arrivés. J’ai pu compléter mes petits revenus et aujourd’hui, à 25 ans, j’écris cet article depuis mon appartement !

Alors, l’argent ne fait-il toujours pas mon bonheur ? Et bien sans argent, on ne vit que difficilement. Je suis épanoui et heureux, mais je ne suis pas naïf : entreprendre c’est compliqué. Les phrases pré-construites sur la motivation et les potentiels partenaires qui vous baratinent ne paieront pas votre loyer, mais votre travail et votre persévérance oui ! Et si je peux vous donner un conseil : si vous devez faire des choix, n’hésitez pas à dresser sur papier un bilan pragmatique de votre situation ! C’est une belle expérience de vie et c’est terriblement enrichissant !

Matthieu Wildhaber

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